Bérénice de Jean Racine

Mise en scène —  Gaëtan Vassart

En collaboration avec — Sabrina Kouroughli

Scénographie — Camille Duchemin

Lumières — Franck Thévenon, assisté d'Eliah Ramon

Costumes — Camille Aït Allouache

Son — Aline Loustalot

Vidéo — Grégoire de Calignon

Chorégraphie — Caroline Marcadé

Stagiaire à la mise en scène — Ella Gouët

Régie générale — Luc Béril

 

Avec :

Stéphane Brel, Valérie Dréville, Magaly Godenaire, Sabrina Kouroughli,  Anthony Paliotti, Maroussia Pourpoint, Stanislas Stanic, Gaëtan Vassart.

Production Compagnie La Rol;nde de Nuit ; Coproduction Théâtre du Jeu de Paume d'Aix-En-Provence, Théâtre des Quartiers d’Ivry - Centre Dramatique National du Val-de-Marne et le Théâtre du Pont des Arts - Cesson-Sévigné  ; avec le soutien de la Spédidam; avec la participation artistique du Jeune Théâtre National; en résidence de création au CENTQUATRE-PARIS, et au Théâtre des Quartiers d’Ivry - Centre Dramatique National du Val-de-Marne ; remerciements à Jean-Claude Carrière, à l'Odéon-Théâtre de l'Europe et au Théâtre Nanterre-Les-Amandiers.

Administration de production:

Maïssa Boukehil: production@larondedenuit.fr

Relations avec la presse: Pascal Zelcer

pascalzelcer@gmail.com 

Photo crédit- Grégoire de Calignon

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Dates:

o   14 mars - 24 mars 2019 : Théâtre des Quartiers d'Ivry - CDN du Val de Marne (94)

o   28 novembre 2019: Théâtre d'Orléans ATAO - Carré Saint-Vincent (45)

o   30 novembre 2019: Nouvel Espace Culturel Charentonneau, Maisons-Alfort (94)

o   17 décembre 2019: Théâtre de Chartres (28)    

o   19 décembre 2019 : Théâtre du Pont des Arts - Cesson Sévigné (35)      

Après Anna Karénine et Mademoiselle Julie, Bérénice clôt la trilogie de Sabrina Kouroughli et Gaëtan Vassart autour des grandes figures féminines. 

Titus quitte Bérénice « malgré lui, malgré elle ». Intronisé Empereur de Rome, il renvoie sa maîtresse, reine de Palestine, car les lois romaines interdisent leur union. Dans cette tragédie racinienne, Gaëtan Vassart voit un écho brûlant à nos sociétés : une passion sacrifiée à un idéal de pouvoir, la perte des valeurs en politique à l’aune des réseaux d’influence, le poids de la pression sociale. Dans un décor symbolisant les trois Méditerranées de Racine – antique, juive, byzantine – il propose une incandescente Bérénice. Et ses alexandrins sont électrisés par Didon et Énée de Purcell, pour exprimer la rage, mais aussi la jouissance de la vie.

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous?
Que le jour recommence et que le jour finisse 

Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus!

La presse en parle:

TÉLÉRAMA :

Sublime tragédie de la séparation et du deuil amoureux, on ne résiste pas à signaler l'intérêt passionné qu'on a porté au travail sur Bérénice de Gaëtan Vassart... Pieds nus sur l'immense tapis rouge qui recouvre le plateau vide — territoire de toutes les absences, de tous les départs —, les comédiens, en costumes modernes, sont les musiciens d'un orchestre, dans le temps comme suspendu de cet amour voué par la politique à la déchirure. TÉLÉRAMA Fabienne PASCAUD, 1er Mai 2019

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L'HUMANITÉ:

Gaëtan Vassart met en scène une pièce bouleversante du répertoire racinien. La Bérénice mise en scène par Gaëtan Vassart, avec la collaboration de Sabrina Kouroughli, vient clore un cycle sur les grandes héroïnes après Anna Karenine, de Tolstoï, et Mademoiselle Julie, de Strindberg. Il convient de saluer la réalisation de la pièce racinienne dans une mise en forme qui tend à l’épure – tout repose sur des lumières qui épousent, enveloppent les déplacements des acteurs et leur prise de parole – et la présence constante de tous les personnages sur le plateau – nos trois héros ainsi que leurs confidents, maillons et témoins essentiels de cette tragédie à l’œuvre –, face public dès lors qu’ils parlent ou assis sur des bancs taillés dans du bois qui font cercle. Ils manient l’alexandrin avec une profondeur de chant qui laisse entendre les volutes de cette langue (...) Bérénice ne sauve pas les apparences, elle sauve l’honneur. L'HUMANITÉ Marie-Josée SIRACH, 18 Mars 2019

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THÉÂTRAL MAGAZINE:

La grande réussite de ce spectacle, c'est d'amener le spectateur au plus près de la langue racinienne. Gaëtan Vassart y parvient par une mise en scène inventive mais très sobre, parfaitement adaptée à cette pièce qui est l'une des plus épurées de Racine. Le plateau présente une antichambre, sorte de ring de couleur pourpre, avec des banquettes où sont assis les comédiens. Ils se lèvent quand c'est leur tour, puis se rassoient, comme des musiciens qui viennent d'interpréter leur partition. Car c'est bien la musique racinienne qui est au centre de la mise en scène. Les vers de Racine sont rendus avec précision et clarté grâce au travail des acteurs (...) chaque acteur joue magnifiquement sa partition. On entend Racine comme rarement. Jean- François MONDOT, 18 Mars 2019

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ENTRETIEN :

 

Bérénice est le dernier volet de votre trilogie autour de l'émancipation des héroïnes féminines après Anna Karénine et Mademoiselle Julie.En quoi Bérénice s'émancipe-t-elle?

 

Elle passe par la volonté de mourir, de sacrifier sa vie à son amour, puis elle comprend que la dignité consiste à accepter un état plus difficile que la mort : une vie sans possibilité de vivre.

Bérénice, c'est le mythe de l'étrangère. Elle est sous le joug des lois de Rome, aux relents nationalistes, xénophobes et antisémites. On lui demande de disparaître, on annonce sa mort prochaine, on l'attend, on la souhaite. Elle représente une voix que l'on doit faire taire. En choisissant de vivre, "d'être un exemple à l'univers", Bérénice à sa manière outrepasse les lois de Rome, s'en affranchit.

 

Comment avez-vous abordé l'oeuvre de Racine? 

Quand j’ai mis en scène "Anna Karénine - les bals où on s'amuse n'existent plus pour moi" d'après Tolstoï, Jean-Claude Carrière est venu. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois ensuite autour de Bérénice. Après plusieurs lectures à deux voix, il m'a permis d'éclaircir les thèmes historiques de cette tragédie. Jean-Claude Carrière dit de Bérénice qu'elle est en quelque sorte une migrante. C'est un être de lumière, elle n'a pour arme que son absolu amoureux face à la barbarie du pouvoir. Cette reine de Judée rencontre Titus à 42 ans, c'est donc une femme au sens aigu de sa quête amoureuse.

Pourquoi avoir choisi de travailler sur Bérénice?

« Lorsque le Père manque, tout se défait» selon Roland Barthes. En lisant la pièce, nous avons voulu comprendre le choix de Titus, le chemin qu’il empruntait dans le deuil pour embrasser la gloire au sens le plus noble. Lorsque l’on est confronté à la disparition, nos choix de vie sont bousculés. Titus en inhumant son père, enterre son amour pour Bérénice.

Pour comprendre la trajectoire des « personnages », nous avons donc proposé aux acteurs d’imaginer la cérémonie funéraire de Vespasien, père de Titus, sous la forme d’une grande improvisation. Chaque acteur a préparé un discours qu'il a annoncé au crématorium du Mont-Valérien à Nanterre en présence du cercueil. Ainsi, chaque  personnage/ acteur ayant un lien avec le défunt a pu faire raisonner son rapport qu'il a entretenu avec lui, et ce qu'il leur a légué, car il s’agit aussi d’une pièce sur la mémoire des anciens et ce qu’ils nous laissent. Un plan séquence d’une heure a été filmé.

Cette mise en situation a surtout permis de mettre en commun nos propres biographies liées à la perte, à l’amour, à la gloire, à la fidélité ; des thèmes abordés par Jean Racine.  Nous avons traduit cette expérience par une pluie de cendres sur le plateau pour raconter la perte de l'insouciance avec la mort du père. Cela nous a permis d’éprouver très clairement que Bérénice est avant tout une pièce chorale ; les confidents sont des amis, ils protègent le seuil et éclairent Bérénice, Titus, Antiochus avec beaucoup d’empathie.

 

Comment avez-vous pensé l'espace? 

 

Nous avons proposé que les personnages/ acteurs ne quittent jamais le plateau, d’être toujours en présence. Cela permet de mettre le langage et le poème au centre. A l'image d'un orchestre, chaque instrumentiste joue à tour de rôle sa partition sous le regard des autres interprètes. La pièce parle beaucoup de secret, ce "cabinet superbe et solitaire" est la définition de la salle obscure qu'est le théâtre. 

Bérénice demande à plusieurs reprises "un mot" à Titus, c'est une Ophélie qui se noie dans l'attente. " Pourquoi m'enviez-vous l'air que vous respirez?" dit-elle encore à Titus.

La "scène "érotique, qu'évoque Roland Barthes nous plonge dans le célèbre épisode de la séparation de Didon et Enée dans "l’Énéide". Avec le précédent tragique du suicide de Didon. Dans cette danse, nous avons proposé une traduction dans le corps avec l'opéra de Purcell. Afin de rompre avec l'immobilité des personnages envahis par un passé qui se déverse dans le présent.

 

Après la dispersion des cendres du Père, Titus est livré à l'abandon solitaire du pouvoir. Les trois héros, en refusant le suicide qui avait été leur tentation première, se sont condamnées à une solitude plus douloureuse que la mort: une vie sans la possibilité de vivre. 

 

              Entretien réalisé le 4 mars 2019 avec Gaëtan Vassart et Sabrina Kouroughli.

Après Anna Karénine et Mademoiselle Julie, Bérénice clôt la trilogie de Vassart autour des grandes figures féminines. 

Titus quitte Bérénice « malgré lui, malgré elle ».Intronisé Empereur de Rome, il renvoie sa maîtresse, reine de Palestine, car les lois romaines interdisent leur union. Dans cette tragédie racinienne, Gaëtan Vassart voit un écho brûlant à nos sociétés : une passion sacrifiée à un idéal de pouvoir, la perte des valeurs en politique à l’aune des réseaux d’influence, le poids de la pression sociale. Dans un décor symbolisant les trois Méditerranées de Racine – antique, juive, byzantine – il propose une incandescente Bérénice. Et ses alexandrins sont électrisés par Didon et Énée de Purcell, pour exprimer la rage, mais aussi la jouissance de la vie.